Je lisais, ce matin, un court billet de Jeffrey Zeldman où il fait état d'une découverte archéologique webienne sur son propre site, une page oubliée datant d'une époque [heureusement] révolue et dépassée. Ce billet m'a fait réfléchir à ce qui s'est passé depuis ces 12 dernières années que je fais du Web.
Une phrase toute particulière m'a accrochée: «If your old work doesn’t shame you, you’re not growing.
»
J'ai honte. Très honte. Je regarde certains visuels (eh oui, encore en ligne) qui j'ai pu faire il y a quelques années, et je me dis:«merde! faudrait tout refaire!!». En 2000, 2001 et 2002, nous étions tous en apprentissage des CSS, nous avions à nous battre avec des fureteurs non standardisés, c'était le début de quelque chose. Et, oui, on finit par évoluer, tous, sur notre visuel.
Et je ne parle pas des designs que j'ai fait avant 2000! Là, c'était carrément affreux! Personne ne pouvait se vanter de maîtriser le Web à cette époque. Par chance, je crois qu'il ne reste plus de trace de ce travail (fiou!). Plutôt que de regarder vers l'arrière, ou vers l'avant, je crois qu'un petit regard sur le moment présent s'impose.
Le présent du Web gouvernemental
Soyons honnêtes, je suis un Web designer en mal de design. Je n'en fais presque plus, je gère des projets (et, je l'avoue, ça m'emmerde — je m'ennuie de Photoshop, des CSS, du HTML...). Et je tente de pousser des concepts, faire avancer la cause du Web, pousser au delà du Web 1.0 (sans dire qu'on fait du Web 2.0, c'est le gouvernement, après tout! faut pas aller trop vite! disons, du Web 1.0.2?).
Alors, où j'en suis? Où nous, en tant que Web designers de ce monde, principalement ceux du gouvernement, où en sommes nous? Pour être honnête, nous n'avons pas beaucoup avancé.
Premièrement, la profession n'est pas vraiment reconnue encore. Bon, rien de nouveau là dedans. Les sites Web gouvernementaux sont toujours aussi pathétiques, sauf quelques exceptions qui sortent du lot, comme la CNT, la RRQ ou le site des carrières au gouvernement. Il y a un espoir, plusieurs sites sont en refonte complète. Plus à suivre dans les prochains mois!
Il y a une incompréhension de ce qu'est le Web. Mon travail s'est orienté beaucoup plus de ce côté depuis quelque temps, à tenter de faire comprendre ce que l'on peut — doit! — faire pour se démarquer, passer un message... J'ai la chance de travailler avec des têtes sur mes dossiers, Daniel Lafrenière et Michaël Carpentier de Zengo qui m'ont appris beaucoup, mais il est très difficile de mettre en place ces bonnes idées.
Alors, où en est mon présent? J'ai évolué personnellement, le Web a évolué autour de moi, mes collègues ont évolué aussi, mais j'ai l'impression que le Web du gouvernement du Québec est resté en 2000.
Qu'en est-il de l'avenir?
Ais-je des idées noires? Suis-je déprimé de mon travail? pas du tout! Au contraire! Je crois que le Web gouvernemental québecois doit se créer, s'inventer. J'espère pouvoir faire avancer un peu la cause, et j'espère aussi que les lecteurs de mon blogue pourront, eux aussi, faire comprendre l'importance de la révolution que nous vivons en ce moment.
Un regard en arrière pour réaliser qu'on a évolué. J'espère pouvoir dire la même chose dans trois ou quatre ans en regardant 2009.
Libellés : web 2.0, web 3.0, web design
Écrit par Gou Lien permanent 10:20
2 commentaire(s)
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Bonne réflexion. Le problème est que personne ne semble trop savoir (ou vouloir savoir) à quoi pourrait servir le Web dans le fonctionnement d'un gouvernement. C'est un débat public que ça prendrait (une commission parlementaire?) mais qui va l'initier?
Par Michel Monette à 9:28 PM
Quoi? une commission? Oh non! surtout pas!!! Je crois que, ce qu'il faut, c'est d'abord et avant tout des actions! Si vous saviez la quantité de rapports, d'études, d'évaluations et autres documents qui sont faits par les ministères, le nombre de recommandations qui dorment sur des tablettes.
Il faut agir, cesser de parler. C'est pas en se demandant ce que peut faire, par exemple, le microblogging qu'on va avancer. En en faisant, on va comprendre l'outil, adapter nos méthodes et en venir à une utilisation décente.
Perso, je crois qu'il faut arrêter de parler. Fonçons!



